À Kyoto, la nouvelle année commence-t-elle par ○○ ?

KYOTREAT Rédacteurs.

 

On est toujours surpris de voir à quel point le temps passe vite.

À l'occasion du Nouvel An, qui marque le début d'une nouvelle année, on célèbre partout au Japon des événements culturels et des fêtes traditionnelles.

Dans ces moments-là, on se pose souvent la question suivante : « Comment se déroule le Nouvel An à Kyoto ? »

 

La ville de Kyoto regorge d'événements et de traditions culturelles propres au Nouvel An, que beaucoup de gens « ignorent » s'ils ne sont pas originaires de la région.

 

C'est pourquoi, dans cet article, nous souhaitons présenter aux personnes qui passeront le Nouvel An à Kyoto les événements traditionnels à ne pas manquer et les spécialités du Nouvel An à déguster.

 

■Les fêtes traditionnelles ancestrales du Nouvel An à Kyoto

À Kyoto, le Nouvel An est marqué par de nombreuses cérémonies traditionnelles ancestrales.

C'est pourquoi nous allons vous présenter ici ces événements traditionnels.

Si quelque chose vous intéresse, n’hésitez pas à y jeter un œil.

○ Visite du sanctuaire Yasaka pour le premier pèlerinage de l'année

À l'occasion du premier pèlerinage de l'année à Kyoto, de nombreuses personnes se rendent dans divers sanctuaires.

Le « hatsumode » consiste, à l'origine, à se rendre pour la première fois de l'année dans un sanctuaire afin de prier pour la santé et la tranquillité tout au long de l'année.

Parmi ceux-ci, on trouve notamment le sanctuaire Yasaka, situé dans l'arrondissement d'Higashiyama à Kyoto, réputé pour ses bienfaits en matière d'exorcisme, de mariage et de beauté.

Le sanctuaire Yasaka a été fondé en 656 et est aujourd'hui affectueusement surnommé « Gion-san ».

Il s'agit du sanctuaire principal de tous les sanctuaires Gion du pays ; comme on peut s'y rendre à toute heure, 24 heures sur 24, il attire une foule nombreuse entre le 31 décembre et le 1er janvier.

Au printemps, vous pourrez également admirer les « cerisiers pleureurs de Gion » ; n'hésitez donc pas à venir y faire un tour quelle que soit la saison.

Date et heure : 1er janvier

Lieu : sanctuaire Yasaka

Adresse : 625 Gion-cho Kitagawa, Higashiyama-ku, Kyoto

○ La première visite de l'année au grand sanctuaire de Fushimi Inari

Le Grand Sanctuaire de Fushimi Inari, siège principal d'« Inari-san », qui continue de susciter la foi des fidèles depuis 1 300 ans.

Fondé vers 708, ce site se distingue surtout par ses mille torii.

La visite du grand sanctuaire de Fushimi Inari pour le premier pèlerinage de l'année est également très populaire.

Le jour de l'An, de nombreux fidèles viennent faire leur première visite à un sanctuaire, et les magasins et autres commerces sont très animés.

Date et heure : 1er janvier

Lieu : Grand sanctuaire de Fushimi Inari

Adresse : 68 Fukakusa Yabunouchi-cho, quartier de Fushimi, ville de Kyoto

○ Visite du sanctuaire Heian pour le premier jour de l'année

Il a été fondé en 1895, à l'occasion du 1 100e anniversaire du transfert de la capitale à Heian, pour servir de sanctuaire commun aux habitants.

Le sanctuaire Heian est illuminé dès la nuit du réveillon du Nouvel An.

Tellement bondé qu'on en oublierait la fraîcheur, ce vaste jardin sera plongé dans une atmosphère féérique.

Il y aura également une dégustation d'amazake au milieu de la nuit.

Date et heure : 1er janvier

Lieu : Sanctuaire Heian

Adresse : 97 Okazaki Nishi-Tenno-cho, Sakyo-ku, Kyoto

○ Visite du sanctuaire d'Iwashimizu Hachiman pour le premier pèlerinage de l'année

Le sanctuaire d'Iwashimizu Hachimangu, qui figure parmi les trois plus grands sanctuaires Hachimangu du Japon, est réputé depuis l'époque Heian pour ses cerisiers en fleurs.

Ce sanctuaire, dont les divinités proviennent du sanctuaire d'Usa — siège principal du culte de Hachiman —, a vu son hall principal classé « Trésor national » en 2016 ; vous pourrez y admirer des bâtiments historiques.

De plus, le jour de l'An, de nombreuses personnes viennent faire leur première visite au sanctuaire de l'année.

Date et heure : 1er janvier

Lieu : Shrine d'Iwashimizu Hachiman

Adresse : 30 Yawata-Takabo, Yawata, préfecture de Kyoto

○ Écrits de Tenma (Tenmagaki)

Au sanctuaire Kitano Tenmangu, la fête du « Hitsu-hajime » a lieu le 2 janvier.

En mémoire de Sugawara no Michizane, divinité vénérée également connue pour ses talents de calligraphe, les enfants procèdent à une cérémonie d'écriture après avoir prié pour progresser dans la calligraphie.

Dates : du 2 au 4 janvier

Lieu : Kitano Tenmangu

Adresse : Bakuro-chō, Kamigyō-ku, Kyoto

○ Cérémonie d'ouverture de la saison de karuta

La cérémonie d'ouverture de la saison de karuta a lieu chaque année le 3 janvier.

Après l'offrande des cartes de karuta devant l'autel, la lecture du « Ogura Hyakunin Isshu » résonne dans l'enceinte du sanctuaire, puis un tournoi est organisé par la « princesse du karuta » et les jeunes garçons, vêtus de juuni-hitoe.

Les princesses du karuta s'affrontent par paires dans un tournoi de Hyakunin Isshu.

Le spectacle de ces animaux qui se disputent rapidement leur proie est vraiment spectaculaire.

Date et heure : 3 janvier

Lieu : sanctuaire Yasaka

Adresse : 625 Gion-chō-kitasen, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto

○ Début de la saison de kemari

La première partie de kemari de l'année a lieu chaque année le 4 janvier.

Le « kemari » a été importé de Chine à l'époque de Nara.

Six à huit personnes forment une troupe et, vêtues de costumes de fonctionnaires de l'époque Heian, elles exécutent la danse en scandant « Ari, Ya, Ou ».

Ce jeu pratiqué par la noblesse de l'époque Heian serait à l'origine du football ; il est aujourd'hui célèbre en tant qu'événement traditionnel qui perpétue cette tradition.

Date et heure : 4 janvier

Lieu : sanctuaire de Shimogamo

Adresse : 59, Shimogamo-Izumigawa-cho, Sakyo-ku, Kyoto, Kyoto.

○ Bouillie aux sept herbes, cérémonie religieuse du « Shirauma Sōran »

Le « sanctuaire de Kamigamo », situé dans l'arrondissement de Kita à Kyoto, est l'un des sanctuaires les plus anciens de la ville.

Son nom officiel est « Sanctuaires de Kamo-Wakuraji », et la divinité qui y est vénérée est le grand dieu Kamo-Wakuraji.

L'ensemble du site est inscrit au patrimoine mondial sous le nom de « Biens culturels de l'ancienne capitale de Kyoto », et compte notamment des trésors nationaux et des biens culturels importants qui valent le détour.

Au sanctuaire de Kamigamo, des cérémonies telles que la bouillie aux sept herbes et la cérémonie du « Shirouma Souran » ont lieu le 7 janvier.

La « bouillie des sept herbes » est une bouillie à base de séri, de nazuna, de gogyo, de hakobera, de hotokenoz, de suzuna et de suzushiro ; elle est préparée tôt le matin et offerte devant l'autel.

Et comme la légende veut que voir un cheval blanc en début d'année chasse les mauvaises énergies, le cheval sacré se promène dans l'enceinte du sanctuaire à partir de midi environ.

Date et heure : 7 janvier

Lieu : sanctuaire de Kamigamo

Adresse : 339 Kamigamo Motoyama, Kita-ku, Kyoto

○ Croisière sur le bateau Ebisu

La « procession des bateaux d'Ebisu » de Gion Ebisu est une cérémonie traditionnelle qui se déroule au sanctuaire Kitamuki Ebisu, rattaché au sanctuaire Yasaka.

Depuis l'époque Heian, chaque année, le 9 janvier, un char transportant une statue d'Ébis et un bateau d'Ébis transportant les sept dieux de la fortune sortent du pied des marches en pierre du sanctuaire Yasaka et défilent dans la rue Shijo.

Les tambours et les cris enthousiastes vous apporteront de la chance et vous permettront de vous sentir revigoré.

Date et heure : 9 janvier

Lieu : sanctuaire Yasaka

Adresse : 625 Gion-chō-kitasen, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto

○ Flèche traversante

La cérémonie du « Tōshiya », qui se déroule au Sanjūsangendō au début de l'année.

Officiellement appelé « Grand tournoi national du Sanjūsangendō de Kyoto », cet événement attire de tout le pays des archers confirmés et des jeunes adultes qui viennent y mesurer leurs talents. À l’époque d’Edo, les participants s’affrontaient pour voir combien de flèches ils pouvaient tirer en l’espace d’une journée et d’une nuit.

Les nouveaux adultes participent à un concours de tir à l'arc vêtus de leurs habits de cérémonie, ce qui est d'une grande beauté ; comme les flèches sont tirées à 120 mètres de distance, le spectacle est vraiment impressionnant.

Date et heure : le dimanche le plus proche du 15 janvier

Lieu : Sanjūsangendō

Adresse : 657 Sanjūsangendō-mae-chō, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto

○ Visites de vœux du Nouvel An par les geishas et les maiko

À Miyagawa-chō, le quartier des geishas et des maiko de Kyoto, celles-ci feront le tour des maisons pour présenter leurs vœux de nouvelle année le 5 janvier.

Nous adressons nos vœux aux personnes qui nous apportent leur soutien au quotidien, telles que les propriétaires de salons de thé et les différents acteurs concernés, en leur disant : « Félicitations, et bonne année à vous aussi. »

Nous ferons le tour des invités pour les saluer, vêtus de la tenue officielle des geishas et des maiko, composée d'un kimono noir orné de motifs et d'une broche en forme d'épi de riz.

Date et heure : 5 janvier

Lieu : quartier des geishas de Miyagawa-chō

Adresse : Miyagawa-chō, ville de Kyoto, préfecture de Kyoto

○ Thé « Ōbukucha »

À Kyoto, il existe depuis longtemps une coutume consistant à boire, du 1er au 3 janvier, un thé dans lequel on ajoute des petites prunes et du konbu noué, afin de prier pour une année sans maladie ni malheur.

Vers 951, à la fin de l'époque Heian, une épidémie sévissait à Kyoto.

Cette tradition, qui trouve son origine dans une légende du temple selon laquelle le maître fondateur Kūya aurait fait boire une décoction médicinale à un malade, ce qui lui aurait permis de guérir, s'est transmise jusqu'à nos jours.

Dates : du 1er au 3 janvier

Lieu : Temple Rokuharamitsu-ji

Adresse : 81-1 Rokuro-chō, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto

○ Tōka Ebisu : le panier « Hōe »

Le sanctuaire Emisu, situé dans le quartier d'Higashiyama à Kyoto, où réside le dieu de la prospérité commerciale.

Le dieu Ebisu est une divinité japonaise vénérée pour favoriser la prospérité des affaires et la fortune familiale.

À l'occasion de la grande fête de Toka Ebisu qui se tient ici, les commerçants de tout Kyoto s'y rendent pour prier pour la prospérité de leur commerce cette année-là.

Il y a de nombreuses cérémonies, telles que la cérémonie du pilage du mochi, la cérémonie du kagura « Yutate », l’offrande du thon porte-bonheur, ainsi que la distribution de râteaux et d’autres objets dans le cadre de la cérémonie du « Hōe-kago », au cours de laquelle on distribue des paniers décorés de bambou, de prunier et de fleurs rouges et blanches, au cri de « Hōe-kago, hoi ! ».

Dates : du 8 au 9 janvier

Lieu : sanctuaire d'Emisu

Adresse : 125 Komatsu-chō, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto – Sanctuaire Emisu

○ La flèche sacrée géante (Goshinya)

Au « Iwashimizu Hachimangu », situé à Yawata, dans la préfecture de Kyoto, on peut admirer la « flèche sacrée géante » qui accueille les fidèles venus faire leur première visite de l'année.

Située devant le portail à deux étages du sanctuaire principal, cette flèche sacrée de 8 mètres, fabriquée en bambou vert, est tout simplement impressionnante.

Période : de la fin décembre à février environ

Lieu : Shrine d'Iwashimizu Hachiman

Adresse : 30 Yawata-Takabo, Yawata, préfecture de Kyoto

○ Circuit des sept dieux de la chance de Tokyo

Le « circuit des sept dieux de la chance de la capitale », qui fait découvrir le temple Rokuharamitsu-ji, le sanctuaire Ebisu, le temple Manpuku-ji, le temple Myoen-ji, le temple To-ji, le monastère Akayama-zen-in et le temple Gyogan-ji.

On dit qu'en visitant sept temples et sanctuaires au cours du premier mois de l'année, on peut recevoir la bénédiction.

Il est possible de faire le circuit en une journée, mais compte tenu de la distance et de l'affluence, il faut s'attendre à un programme très chargé.

Dates : du 1er au 31 janvier

Lieux : Temple Rokuharamitsu-ji, sanctuaire Ebisu, temple Manpuku-ji, temple Myōen-ji, temple Tō-ji, monastère Akayama-zen-in, temple Gyōgan-ji

○ Sagichō

Le « Sanjū-in », un temple de la secte Tendai situé à Ōhara, dans l'arrondissement de Sakyō, à Kyoto.

C'est ici que, le 15 janvier, on brûle les décorations du Nouvel An et les premières calligraphies de l'année afin de prier pour une bonne santé et l'absence de malheurs.

Cette fête du feu du Petit Nouvel An est appelée « Sagichō ».

Date et heure : 15 janvier

Lieu : Sanjō-in

Adresse : 540 Ohara Raigōin-chō, Sakyō-ku, Kyoto

○ Cérémonie du tir à l'arc (Mushajinji)

Chaque année, le sanctuaire de Kamigamo organise une cérémonie de tir à l'arc.

Il s'agit d'une cérémonie au cours de laquelle le grand prêtre et les prêtres du sanctuaire de Kamigamo tirent à l'arc sur une cible d'environ 1,8 m de diamètre, sur laquelle est inscrit « Oni » (démon) au dos, afin de chasser les forces maléfiques tout au long de l'année.

Date et heure : 16 janvier

Lieu : sanctuaire de Kamigamo

Adresse : 339 Kamigamo Motoyama, Kita-ku, Kyoto

■À l'occasion du Nouvel An, on trouve de nombreux plats typiques de Kyoto

À Kyoto, à l'occasion du Nouvel An, il existe plusieurs mets incontournables qui font partie intégrante des célébrations propres à la ville.

Nous allons donc vous présenter ici quelques plats typiques.

○ Zoni au miso blanc

Le zōni est un incontournable du Nouvel An, n'est-ce pas ?

L'ozoni de Kyoto se caractérise par l'utilisation de miso blanc.

Il s'agit d'un ozoni dans lequel on ajoute du miso blanc, des mochi ronds, des petits patates, des têtes de patates et des légumes blancs tels que le daikon.

○ Thé Daifuku

Le thé Daifuku, que l'on boit pour chasser les mauvaises énergies de l'année écoulée et célébrer la nouvelle année.

On verse du thé sur des prunes séchées et du kombu, puis on le boit avant de manger l'ozoni.

○ Morue en bâtonnets (bōdara)

La morue séchée est un incontournable des plats festifs de l'Osechi.

La morue en bâtonnets mijotée longuement est un plat traditionnel de Kyoto.

○ Bouillie aux sept herbes

La bouillie aux sept herbes, que l'on mange pour prier pour une bonne santé et l'absence de maux.

Il y a également de la bouillie de haricots rouges avec des mochi.

○ Mochi aux pétales de fleurs

Il s'agit d'une pâtisserie porte-bonheur que l'on déguste à Kyoto pour le Nouvel An.

J'y reviendrai plus en détail un peu plus loin.

○ Le thé « Obukucha », à préparer avant de déguster l'ozoni

Le jour de l'An, il existe également une tradition qui consiste à boire un thé appelé « daifuku-cha » avant de manger des ozoni.

On raconte que cette tradition trouve son origine dans l'époque Heian, lorsque, lors d'une épidémie, le moine Kūya offrait aux malades du thé agrémenté de prunes séchées.

Aujourd'hui, le thé Daifuku est consommé pour célébrer la nouvelle année en priant pour une année sans maladie ni malheur, et on a pris l'habitude d'y ajouter des prunes confites et du kombu.

Il est connu pour être vendu chaque année à partir du mois de décembre environ dans des maisons de thé traditionnelles telles que Ippodo (Teramachi-Nijo), Yanagi-Ouen (Gosho-Nishi), Nakamura Tokichi Honten et Fukuju-en, ainsi que pendant les trois premiers jours de janvier au temple Rokuharamitsu-ji, où il est également offert aux visiteurs. Il est d'ailleurs de plus en plus apprécié ces derniers temps par les touristes et les étrangers.

Qu'est-ce que le « ozoni » de Kyoto ?

Photo : équipe éditoriale de KYOTREAT

Avez-vous déjà goûté à l’ozoni à Kyoto ? L’ozoni de Kyoto est préparé à base de miso blanc et contient des mochi ronds. Les ingrédients classiques sont le tōimo et le daikon ; les mochi ronds symbolisent l’harmonie et la longévité, tandis que le tōimo représente la prospérité de la descendance et la réussite sociale. Quant au daikon, s’il est coupé en rondelles, il symbolise l’harmonie, tandis que s’il est coupé en forme de carapace de tortue, il symbolise la longévité. L’ozoni étant un plat offert au dieu de l’année, on évite les aliments à forte odeur de poisson ; c’est pourquoi le bouillon est généralement préparé uniquement à partir de kombu, et les copeaux de bonite sont saupoudrés juste avant de déguster le plat.

En général, la teneur en sel du miso se situe entre 10 et 12 %, mais celle du miso blanc de Kyoto, appelé « Saikyo miso », est d’environ 5 à 7 %. Parmi les produits haut de gamme, certains contiennent une grande quantité de koji et ont une teneur en sel inférieure à 4 %, ce qui les rend extrêmement doux. On utilise ce miso sucré en grande quantité, jusqu’à obtenir une consistance épaisse. À première vue, on dirait un potage ! Les personnes venues d’autres préfectures qui goûtent ce zōni pour la première fois s’exclament invariablement « C’est sucré, hein ? » en esquissant un large sourire.

Et chaque habitant de Kyoto a sa propre marque préférée de miso Saikyo. On pourrait penser : « Les misos blancs ne sont-ils pas tous à peu près pareils ? », mais leur saveur varie considérablement en fonction de la quantité et du type de koji, de la durée de maturation et de la teneur en sel. Parmi les marques les plus connues, on peut citer Yamari Shoten, Ishino Miso, Honda Miso et Kantōya. Le miso de Yamari, en particulier, est fourni aux grands restaurants traditionnels, aux célèbres pâtisseries japonaises et aux trois grandes écoles de la cérémonie du thé. Élaboré uniquement à partir de koji issu de riz soigneusement sélectionné, de soja et de sel, il dégage une saveur raffinée et profonde.

Photo : équipe éditoriale de KYOTREAT

Comme on en trouve dans les grands magasins, les supermarchés ou encore au marché de Nishiki, il peut être amusant de comparer les différentes marques de miso Saikyo pour trouver celle qui vous convient le mieux. De nombreuses recettes à base de miso blanc sont proposées sur Internet, ce qui pourrait vous permettre d’élargir votre répertoire culinaire.

Et j'ai quelque chose à dire à ceux qui visitent Kyoto ! Vous pouvez déguster ce zoni au miso blanc dans les restaurants suivants !

・Shiruko (100 Manmachi, au nord de Shijo, Nishikiyamachi, Shimogyo-ku, Kyoto)

・Kimi-ya (37-1 Jōdoji Kaminamida-chō, Sakyō-ku, Kyoto)

・Ichijō-ji Nakaya (5 Ichijō-ji Hanano-ki-chō, Sakyō-ku, Kyoto)

・Toraya Saryo, succursale d’Ichijō (Ichijō-dōri, à l’ouest de Karasuma, Kamigyō-ku, Kyoto)

Je vous recommande tout particulièrement « Shiru-ko ».

Photo : équipe éditoriale de KYOTREAT

Il s'agit d'un restaurant spécialisé dans la soupe au miso. Situé sur le site de l'ancienne demeure de Shuntarō Kotaka, qui a été à l'origine de l'affaire de l'Ikedaya, au cours de laquelle le Shinsengumi a attaqué des militants du mouvement « Sonno Jōi », c'est un endroit irrésistible pour les passionnés de la fin de l'ère Edo ! La décoration intérieure respire également l'atmosphère de Kyoto.

On peut déguster une délicieuse soupe au miso toute l'année, mais entre décembre et février, on trouve également l'ozoni : un plat exceptionnel où s'harmonisent à merveille un bouillon corsé et un miso blanc crémeux et savoureux.

○ Bâtonnets de patates (imo-bō)

L'« imobō » est un plat traditionnel de Kyoto connu des initiés.

Les « imobō » sont un plat consommé depuis longtemps à Kyoto et très apprécié dans les menus de l'Osechi.

À l'origine, l'« imobō » est un plat composé d'ébi-imo et de morue en bâtonnets cuits ensemble.

L'« ebi-imo » est l'un des légumes traditionnels de Kyoto ; on considère qu'il trouve son origine dans l'importation à Kyoto, vers le milieu de l'époque d'Edo, d'une variété de patate douce provenant de Kyushu.

Comme c'était à l'époque un aliment très coûteux, on en mangeait apparemment lors d'occasions spéciales, comme le Nouvel An.

Ce plat se caractérise par la cuisson lente d'un taro japonais aux bords largement biseautés, accompagné de morue séchée ramollie.

C'est quoi, les « hanabira-mochi » ?

Il existe d'ailleurs à Kyoto une pâtisserie japonaise typique du Nouvel An.

Quand on parle de pâtisseries japonaises à Kyoto, on pense notamment aux « mame-mochi » de Demachi Futaba, qui ont acquis une renommée nationale ces dernières années. Leur popularité ne cesse de croître, à tel point que cette année, on a même pu voir des files d’attente s’étendre jusqu’au pied du pont Aoi, célèbre pour le festival Aoi ! Les « ajari-mochi » sont également très prisés comme souvenirs.

Mais quand on parle du Nouvel An, on pense forcément aux « hanabira-mochi ».

À l'origine, les « hanabira-mochi » sont réputés pour être des pâtisseries traditionnelles japonaises incontournables lors des célébrations du Nouvel An à Kyoto (notamment lors des cérémonies du « hatsugama »).

Il s'agit d'une pâtisserie japonaise composée d'une pâte moelleuse (gyuhi) fourrée d'une purée de miso blanc et de burdane confit ; on dit qu'elle est un symbole de longévité issu du « rituel de la dentition » de l'époque Heian. 

Il s'agit d'une pâtisserie dont le concept s'inspire d'un plat traditionnel du Nouvel An de l'époque d'Edo, qui combinait des mochi en forme de losange, des mochi ronds et un zoni sans bouillon ; elle contient donc du miso et du burdane, le tout enveloppé dans du mochi.

Elles seront mises en vente dans de nombreuses confiseries traditionnelles de Kyoto entre fin décembre et mi-janvier.

Photo : Rédaction de KYOTREAT – « Omibashi » de Michiyoshi Kawabata

Les réservations par téléphone sont ouvertes chaque année à partir du 1er décembre, mais les places sont très vite épuisées ; il est donc probablement déjà difficile de s'en procurer cette année. Cependant, la texture onctueuse de sa garniture au miso blanc, riche en saveur, lui confère un goût unique que l'on ne retrouve dans aucun autre hanabira-mochi. N'hésitez pas à le goûter l'année prochaine ou les années suivantes.

Les hanabira-mochi proposés par d’autres pâtisseries japonaises varient considérablement sur tous les plans : la forme, les ingrédients utilisés pour le mochi, la marque de miso blanc, la consistance de la pâte de haricots rouges ou encore le nombre de morceaux de burdane… Je prends donc plaisir chaque année à découvrir ces différences.

Photo : Rédaction de KYOTREAT. En haut : Chokudo ; à gauche : Tsuruya Tsuruju-an ; à droite : Kameya Yoshinaga

○ Une bouillie de haricots rouges pour prier pour la santé et le bien-être

Le 15 janvier (ou entre le 14 et le 16), on célèbre parfois le « petit Nouvel An », une fête liée au Nouvel An.

À l'occasion du Petit Nouvel An, on mange parfois une bouillie de haricots rouges.

La bouillie de haricots rouges est composée de haricots rouges cuits jusqu'à ce qu'ils soient tendres et de mochi.

Cette tradition trouve son origine dans une coutume chinoise selon laquelle les aliments de couleur rouge, comme les haricots rouges, étaient considérés comme capables de chasser les mauvaises énergies ; on en est venu à en consommer pour prier pour la santé ou pour permettre à l'estomac et aux intestins, fatigués par les festins du Nouvel An, de se reposer.

La bouillie de haricots rouges est un plat traditionnel, au point d'être mentionnée dans des ouvrages tels que le « Makura no Sōshi » et le « Tosa Nikki ». 

Bien qu'il soit désormais connu dans tout le pays, c'est surtout dans la région du Kansai, et notamment à Kyoto, qu'il est consommé comme plat traditionnel sous le nom d'« Azuno-oka-san ».

Une fois le Nouvel An passé, vous pourrez également déguster de la bouillie de haricots rouges lors de la « Cérémonie de célébration du début du printemps avec de la bouillie de haricots rouges » organisée au Tōrin-in du Myōshin-ji, ainsi que lors du « Festival de la bouillie » du sanctuaire de Shimogamo.

Il existe de nombreux plats à base de miso blanc, tels que le « saikyo-zuke », les « aburi-mochi » ou encore les « miso-matsukaze », mais c'est pendant le Nouvel An que l'on consomme le plus de miso blanc au cours de l'année. Si vous passez le Nouvel An à Kyoto, pourquoi ne pas déguster un « ozoni » et des « hanabira-mochi » pour célébrer le Nouvel An à la manière de Kyoto en faisant appel à vos cinq sens ?