
En se promenant sur le pont Togetsukyo à Arashiyama, on peut parfois apercevoir des parents s'adresser à leur enfant, vêtu de ses plus beaux habits, en lui disant : « Il ne faut pas te retourner ! ». Il s'agit là d'une scène mettant en scène des parents et leur enfant qui viennent de terminer le « Jūsann-mairi ». Il s'agit d'un rite de passage important, transmis depuis longtemps à Arashiyama, à Kyoto, qui célèbre la croissance de l'enfant.
Dans cet article, nous vous présentons en détail l'origine et les règles à respecter lors du « Jūsō-mairi », ainsi que l'histoire et les points d'intérêt du temple Hōrin-ji, lieu de pèlerinage réputé.
Table des matières
■ Qu'est-ce que le « Jūsō-mairi » ?
■ Les règles à respecter le jour de la visite au « Jūsō-mairi »
■ Les points d'intérêt du temple Hōrin-ji
■Informations sur la visite (période, frais de prière, accès)
■ Résumé.
■Qu'est-ce que le Treize Mairi ?
Le « Jūsō-mairi » est une cérémonie au cours de laquelle les enfants qui atteignent l’âge de 13 ans selon le système de comptage japonais (soit 12 ans en âge réel, vers la fin de l’école primaire) se rendent dans des temples et des sanctuaires afin de recevoir sagesse et bonheur. Il s’agit d’une coutume transmise depuis longtemps dans la région du Kansai, notamment à Kyoto et à Osaka, mais elle s’est progressivement étendue ces dernières années à d’autres régions, et on constate que de plus en plus de familles pratiquent le « Jūsan-mairi » même dans des régions comme le Kanto.
L'âge de 13 ans selon le calendrier traditionnel correspond à la première fois que le cycle des signes du zodiaque s'achève depuis la naissance ; depuis l'Antiquité, cette année est considérée comme une année de malchance ou comme un tournant majeur de la vie. Alors que la fête du Shichi-Go-San célèbre la croissance des jeunes enfants, le « Jūsan-mairi » se distingue par le fait qu'il est considéré comme un « rite de passage vers l'âge adulte ».
■Les origines du « Jūsō-mairi » et l'histoire du temple Hōrin-ji
Le « Hōrin-ji », situé à Arashiyama et communément appelé « Kokūzō-san de Saga », est considéré comme le berceau du « Jūsannomairi ». On raconte que tout a commencé en l’an Tenchō 6 (829), lorsque le moine Dōshō y installa la statue du bodhisattva Kokūzō, la divinité principale du temple, et que celui-ci fut rebaptisé « Hōrin-ji » en l’an Jōgan 16 (876). Son nom figure dans le *Makura no Sōshi* de Sei Shōnagon comme l’un des temples emblématiques de Kyoto, et les bienfaits de sa divinité principale sont également mentionnés dans le *Konjaku Monogatari Shū* : il s’agit donc d’un temple prestigieux dont l’histoire remonte à l’époque Heian.
On considère que l’origine du « Jūsō-mairi » remonte au début de l’ère Heian, lorsque l’empereur Seiwa, qui avait accédé au trône alors qu’il était encore enfant, atteignit l’âge de 13 ans (selon le système de comptage traditionnel) et fit célébrer une cérémonie religieuse impériale (chokugan hōyō) au temple Hōrin-ji en signe de son passage à l’âge adulte. Le bodhisattva Kokuzō, considéré comme le treizième à être né en tant qu’accompagnateur du Bouddha Dainichi, est le bouddha qui préside à la sagesse, à la fortune et aux arts ; c’est pourquoi ce pèlerinage est également appelé « pèlerinage de la sagesse » ou « quête de sagesse ».
■Les règles de conduite à respecter le jour de la visite du 13e temple
Lors de leur visite au sanctuaire, les enfants commencent par écrire eux-mêmes, au pinceau, sur un papier prévu à cet effet, un kanji représentant le vœu qu’ils souhaitent voir exaucé. Il n’y a pas de règle quant au choix du caractère – « 知 », « 賢 », « 美 », « 健 »… – et la coutume veut que chacun le choisisse en y mettant tout son cœur. Cette coutume trouve son origine dans le fait que, autrefois, l’offrande d’une copie de sutra était considérée comme la forme de pèlerinage la plus solennelle ; aujourd’hui, elle a été simplifiée et consiste à offrir un seul kanji sous la forme d’une « copie d’un seul kanji ». Le caractère écrit fait office de substitut de la personne et est lu à haute voix au temple pendant la période de prière afin que celle-ci soit exaucée.

En matière de tenue vestimentaire, la tradition veut que les garçons et les filles portent tous deux des kimonos « hon-chiri » (couture classique), comme les adultes : les filles portent un kimono à manches moyennes avec les épaules relevées, tandis que les garçons portent un kimono orné de monogrammes et un hakama. On raconte qu’autrefois, il existait également une coutume consistant, à cette période, à changer la coiffure des enfants pour leur donner celle des adultes, ainsi qu’à remplacer leur nom d’enfance par leur nom d’adulte.

Et la coutume la plus connue du « Jūsannomairi » est celle qui interdit de se retourner après la visite au temple. Après avoir reçu la prière au temple Hōrin-ji, il est strictement interdit de se retourner jusqu’à ce que l’on ait descendu les marches de pierre et traversé entièrement le pont Togetsukyo. En effet, selon la tradition, si l’on se retourne en cours de route, on risquerait de rendre ou de perdre la sagesse et la bonne fortune que l’on vient de recevoir. Conformément à cette coutume, il est désormais courant, même lorsque le « Jūsannomairi » est effectué dans d’autres temples ou sanctuaires, de ne pas se retourner avant d’avoir quitté l’allée menant au lieu de culte.
■Les points d'intérêt du temple Hōrin-ji
Après avoir franchi la porte du temple et gravi les marches de pierre, on trouve, à mi-chemin de l’allée menant au sanctuaire, le « Denden-gū », un sanctuaire vénéré comme le dieu protecteur de l’électricité et des ondes radio. Il s’agit d’un sanctuaire rare à l’échelle nationale, qui attire également de nombreux fidèles venus prier pour le progrès des technologies liées à l’électricité et à l’électronique.
En continuant à monter les marches de pierre, on aperçoit le temple principal devant soi, et le pagode Tahōtō à sa gauche. Depuis le belvédère appelé « Butai », situé à droite en se dirigeant vers le temple principal, on peut admirer une vue panoramique sur le paysage de Sagano, avec notamment le pont Togetsukyo, ainsi que sur la chaîne de montagnes d’Higashiyama et la ville de Kyoto. Si vous vous y rendez, ne manquez pas de profiter de cette vue.
■Informations sur la visite (période, frais de prière, accès)
Les « treize visites » au temple Hōrin-ji ont lieu deux fois par an, au printemps et à l'automne, pendant une période déterminée.
- Les treize visites du printemps: du 13 mars au 13 mai (un mois avant et un mois après le 13 avril, ce dernier jour étant le milieu de la période)
- La visite des treize sanctuaires d'automne: du 1er octobre au 30 novembre environ
Le montant des frais de prière varie en fonction de la durée de la prière ; à titre indicatif, il est de 5 000 yens pour une semaine, 7 000 yens pour un mois et 13 000 yens pour un an (ces montants pouvant être sujets à modification, nous vous recommandons de les vérifier au préalable sur le site officiel).
〇 Le temple Hōrin-ji (communément appelé « Kokuzō-san de Saga »)
Adresse : 616-0006, Arashiyama Kokuzo-yama-cho, Nishikyo-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto
Téléphone : 075-862-0013
Accès : à environ 15 minutes à pied de la gare « Arashiyama » de la ligne Randen
À environ 20 minutes à pied de la gare de « Saga-Arashiyama » sur la ligne JR Sagano
À environ 5 minutes à pied de la gare « Arashiyama » du réseau Hankyu
À environ 5 minutes à pied de l'arrêt « Hankyu Arashiyama Ekimae » des lignes de bus de Kyoto (62, 63, 66, 72, 73, 76, 83, 90, 92 et 94)
HP :https://www.kokuzohourinji.com
■résumé
Le « Jūsō-mairi » trouve son origine dans une légende liée à l'empereur Seiwa, à l'époque Heian, et constitue un rite de passage propre à Arashiyama, à Kyoto, transmis depuis plus de 1 000 ans. Cette série de rituels, au cours de laquelle l’enfant écrit lui-même un caractère en y mettant tout son cœur, puis traverse le pont Togetsukyo sans se retourner, incarne à la fois les sentiments de la famille qui veille sur sa croissance et la discrétion propre à la vieille capitale, Kyoto.
Si vous avez l'occasion de visiter Arashiyama au printemps (de mi-mars à mi-mai) ou à l'automne (d'octobre à novembre), vous apercevrez peut-être des enfants vêtus de leurs plus beaux habits, accompagnés de leurs familles qui les regardent. Lorsque vous vous promènerez aux abords du pont Togetsukyo, prenez le temps de vous imprégner de ces traditions de Kyoto.

